Journal de René Morin.

Posté dans : À propos | 0

cohesion_photoSur la route des phares

Le gardien de Phare

Des oiseaux par milliers volent vers le feu
Par milliers ils tombent
Par milliers ils se cognent
Par milliers aveuglés
Par milliers assommés
Par milliers ils meurent
Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
Les oiseaux il les aime trop
Alors il dit :
Tant pis je m’en fous!
Et il éteint tout.

Au loin un cargo fait naufrage
Un cargo venant des îles
Un cargo chargé d’oiseaux
Des milliers d’oiseaux des îles
Des milliers d’oiseaux noyés.
Jacques Prévert

 

 

 

 

 

 

Le peuple de la mer
Tout brillait au soleil jeune qui s’enlevait là-bas, de l’autre côté de la baie : le sable, le granit, l’océan, les balises et les tours qui marquent les rochers du large, et la terre, comme une ligne de métal à l’horizon. C’était un paysage de lumière, limpide, frais, sous un ciel blanc, insondable, balayé d’une légère brise d’est qui sentait l’iode et le sel.
Près de la cabane du gabelou, le brigadier Bernard amorçait des lignes. Les hommes descendaient du village, parcouraient la jetée à grand bruit de galoches, embarquaient dans les canots. Ils parlaient peu. On entendait surtout sonner le bois, battre l’eau, grincer les chaînes et crier les poulies à l’appareillage.
Les sloops sortaient un à un, dressant haut dans l’air lumineux leurs voiles rousses, bleues ou jaunes, cambrant leur coque grise, largement ceinturée de vert ou d’écarlate.
Et sitôt la jetée doublée, les voilures déployées au vent arrière, ils couraient vers l’horizon en emportant du soleil.
Marc Elder

© Aucun droit de reproduction sans l’accord de l’auteur
Salutations. Excellente journée. Bienvenue à tous. Merci pour vos visites. commentaires et encouragements. A la prochaine.
René Morin Aquarelliste-photographe-écologiste.Suivez moi aussi sur Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *